Négociations de paix: « le Burundi répond au désir de la communauté internationale »

NIYONSAVYE 02122017 151808Une nouvelle session du dialogue interburundais de sortie de crise s’est ouverte mardi à Arusha dans le nord de la Tanzanie. Mais selon certains diplomates, les négociations ont peu de chances d’aboutir.

Mardi 2 décembre, une nouvelle session du dialogue burundais de sortie de crise s’est ouverte à Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Cette session à huis clos a pour ambition d’aboutir à la signature d’un accord le 8 décembre en présence des chefs d’État de la Communauté des états d’Afrique de l’Est (EAC), selon un programme distribué aux délégués par le médiateur dans cette crise, l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa. Les délégués sont censés négocier autour de huit points incluant « l’engagement à mettre fin à toutes les formes de violences », l’application de l’accord de paix d’Arusha qui a ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006), la mise en place d’un « gouvernement d’unité nationale ».

« Les négociations sont une volonté nationale, une volonté du gouvernement burundais de répondre au désir de la communauté internationale, ainsi que des opposants », estime l’ambassadrice du Burundi, Christine-Nina Niyonsavye, au micro de France 24. « On veut que le dialogue se passe pour que les relations avec la Belgique, la France et l’Union européenne puissent reprendre », affirme l’ambassadrice.

Cependant, selon plusieurs diplomates et participants, les chances d’aboutir sont mitigées. Selon un diplomate cité par l’AFP, le niveau du représentant envoyé par le Burundi, le n°2 du ministère de l’Intérieur, Thérence Ntahiraja, n’augure pas de discussions fructueuses. « Il envoie un homme de second plan comme pour dire, il ne faut rien attendre de cette session », souligne-t-il.

Pour rappel, le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu en juillet de la même année.

Absence de l’opposition en exil

Même si ces discussions sont présentées comme « totalement inclusives » par l’équipe du facilitateur, le Cnared, une plateforme regroupant l’opposition en exil, n’y est pas présente.

Après des mois de blocage car il refusait de s’asseoir à la même table que le Cnared, le gouvernement aurait obtenu l’exclusion de nombreux membres de cette plateforme d’opposition ainsi que de la société civile, selon le même diplomate. Le Cnared a dès lors appelé ses membres invités à boycotter cette session. Seule une dizaine de membres de l’opposition qui ne se sont pas exilés participe à ce dialogue.

Pas d’union nationale

Dès lors, difficile d’imaginer la mise en place d’un « gouvernement d’unité nationale » que sont censés négocier les délégués. D’ailleurs, Christine-Nina Niyonsavye l’exclut totalement, soulignant que le gouvernement actuel tient sa légitimité des dernières élections : « Le gouvernement d’union nationale ne se fait que par les urnes », insiste-t-elle. « Pas de participation aux élections, pas de participation au gouvernement », conclut-elle.

Les violences qui ont suivi et au sujet desquelles la Cour pénale internationale a ouvert une enquête, ont depuis fait de 500 à 2 000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de disparitions forcées et de tortures, et ont poussé à l’exil plus de 400 000 Burundais. L’ONU impute l’écrasante majorité de ces atrocités aux autorités burundaises.

Bujumbura a adopté fin octobre un projet de révision de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de briguer dès 2020 deux nouveaux mandats de sept ans. Un haut responsable burundais a assuré à l’AFP que Bujumbura « refuse catégoriquement que la question de la Constitution soit évoquée » dans les discussions débutées mardi.

Avec AFP, 02/12/2017, http://www.france24.com

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Zoom sur NGURDOTO, une semaine après le début des négociations

Vue de NgurdotoZoom sur NGURDOTO, une semaine après le début des négociations

Une semaine après l’arrivée des délégués venus certains de Bujumbura et d’autres de l’extérieur, les travaux vont bon train selon un membre du bureau de la médiation. Le programme est suivi scrupuleusement malgré quelques retards dus à la finalisation des documents à présenter au Médiateur.

Pour l’instant,  le gouvernement a déjà déposé son « draft » ainsi que les partis politiques de l’opposition constructive. Seul le groupe des partis d’opposition qui se disent opposés au régime de Bujumbura qui regroupe en son sein les acteurs politiques de la coalition Amizero y’abarundi n’a pas encore fini son travail.

Le CNARED valablement représenté

Malgré ce qui est annoncé sur les réseaux sociaux par les haut-parleurs du CNARED, ce dernier est bel et bien représenté dans les discussions. Les partis membres de cette plateforme sont majoritairement présent et d’autres vont bientôt les rejoindre. Le FRODEBU est représenté par NGENDAKUMANA Léonce, le CNDD par MUNYEMBARE William, le FEDES-SANGIRA par NIYONGABO Grevais, le RANAC par BARICAKO Aloys, l’ALIDE par NTIDENDEREZA Joseph, le RADDES par KABURANIRWA Emmanuel, le KAZE-FDD, le PARENA et l’UPD-ZIGAMIBANGA sont également représentés. A cette liste s’ajoutent les dignitaires (anciens président et vice-présidents) NTIBANTUGANYA Sylvestre, NDAYIZEYE Domitien et BARAMPAMA Marina.

En ce qui concerne le directoire du CNARED proprement dit il est officiellement représenté par KABURANIRWA Emmanuel fraichement débarqué de la réunion de Bruxelles. Ce dernier prétend avoir déjà fait beaucoup de contacts avec les autres acteurs politiques et compte être reçu par les représentants du gouvernement ce weekend.

Ceux qui sont absent ont choisi de participer aux élections de cette plateforme à Bruxelles afin de se positionner pour le partage des postes au sein du futur gouvernement de transition.

Le gouvernement de transition, l’objet de la discorde dans l’opposition

Tandis que le groupe de l’opposition constructive (composé essentiellement des partis FNL dont est issu le chef de l’opposition extra parlementaire BIGIRIMANA Jacques et de MUTABAZI Jean de Dieu) est catégoriquement opposé à un gouvernement d’union nationale, les autres partis et acteurs politiques venus de Bujumbura se battent entre eux sur ce sujet. Notons aussi que le groupe de l’opposition constructive a été rejoint par KARUMBA Joseph du FROLINA.

Pour Amizero y ‘abarundi, si ce n’est pas RWASA Agathon rien ne va. Il faut noter ici que seul les opposants spéculent sur d’éventuels postes à pourvoir dans le gouvernement de transition. Ces opposants sont tiraillés entre les calculs de RWASA, NDAYIZEYE et NTIBATUNGANYA qui veulent tous être président ou on ne sait quel autre poste.

Rappelons aussi que le groupe des partis et acteurs politiques venus de Bujumbura s’est choisi à l’unanimité comme modérateur, l’Ombudsman NDUWIMANA Édouard.

Et après ce weekend …

A partir de lundi va commencer la partie la plus importante de cette dernière session à savoir la confrontation des propositions des uns et des autres.

Le 8 décembre 2017, en présence des chefs d’états de la région, il y aura une signature. Ceux qui seront absent n’auront plus rien à dire. Il faut révéler aussi que cette session est reconnu comme la plus inclusive que la médiation et les protagonistes burundais n’ont jamais connu.

le samedi 2 décembre 2017 à 11:00, https://www.radio-bujumbura.com/

Le projet de loi portant révision de la loi organique du CNC a été adopté à 79% des voix

DP4gIOMWkAE3KgqL’Assemblée nationale a analysé le projet de loi portant révision de la loi N°1/18 du 25 septembre 2007 portant mission, composition, organisation et fonctionnement du Conseil national de la communication (CNC) le jeudi 30 novembre 2017. Le projet de loi a été adopté à 79% de voix des députés présents ou représentés.

Le ministre des Postes, des technologies de l’information, de la communication et des médias, Nestor Bankumukunzi dans l’exposé des motifs sur la révision de la loi portant  mission, composition, organisation et fonctionnement du Conseil national de communication (CNC), a insisté sur les principales modifications mentionnées dans le projet de loi. Il a souligné que les grandes modifications et précisions portent sur la carte de presse, les conditions requises pour l’acquérir, la détermination de l’organe chargé de l’octroyer ainsi que l’introduction des aspects de production et de diffusion des œuvres cinématographiques et les mécanismes de suivi de ce secteur. Il a fait savoir que le nouveau texte intègre en son article 7, les aspects de contrôle des émissions publicitaires et des œuvres cinématographiques notamment en ce qui concerne le respect de la loi et des bonnes mœurs burundaises.

La nouvelle loi prévoit que le CNC ait des bureaux de représentation régionale

Les députés ont posé des questions d’éclaircissement au ministre Bankumukunzi. Elles portaient notamment sur l’apport du projet de loi sur la qualité de la couverture médiatique des élections, sur les conditions des journalistes eux-mêmes, la régulation des médias étrangers émettant au Burundi, etc. Concernant les apports de la loi révisée, Nestor Bankumukunzi a expliqué que la nouvelle loi prévoit que le CNC ait des bureaux de représentation régionale pour encourager l’éclosion et la promotion des médias à l’intérieur du pays. Il a souligné qu’elle permettra que le métier de journalisme soit bien régulé et que les journalistes ne pourront qu’en bénéficier. Quant aux compétences du CNC dans la régulation des médias étrangers émettant au Burundi, le ministre a classé ces médias en deux groupes. Il y a d’abord les médias étrangers avec des représentants connus au Burundi. Ces derniers signent des conventions avec la CNC qu’ils doivent respecter. En cas de non respect de celles-ci, des sanctions sont prévues. Il a ensuite parlé des  médias non reconnus qui font des reportages sur le Burundi. Le ministre a souligné qu’il y a des normes internationales, quand elles sont violées, le pays lésé peut porter plainte. Soixante-dix-neuf députés ont voté en faveur du projet de loi portant révision de la loi organique du CNC tandis que 21 députés ont voté contre, et un député s’est abstenu.

Grâce-Divine Gahimbare, http://www.ppbdi.com

Descente du deuxième vice-président de la République au quartier diplomatique de Kiyange

arton5493Le deuxième vice-président de la République du Burundi, M. Joseph Butore, a effectué ce jeudi le 30 novembre 2017, une visite au quartier diplomatique de Kiyange en zone Buterere de la commune urbaine de Ntahangwa (photo). L’objectif de la descente était de s’enquérir du plan d’aménagement du quartier étant donné que c’est un nouveau quartier de la ville de Bujumbura et qui n’est pas comme les autres, a-t-on appris du deuxième vice-président de la République dans son discours.

Après avoir fait le tour du quartier accompagné par certains ministres à citer celui de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, celui de l’Energie et des Mines, la ministre de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le maire de la ville de Bujumbura, les techniciens ayant les compétences dans l’aménagement du territoire et les techniciens de l’urbanisme, ainsi que les administratifs à la base de la commune Ntahangwa. M. Butore a fait savoir que vu sa conception, sa localisation géographique et les exigences en construction, le quartier Kiyange est un quartier haut standing, le miroir de la ville de Bujumbura étant donné qu’il se situe sur la route menant à l’aéroport.

Il a en outre précisé que sa présence au quartier est une façon de constater ce qui avait été dessiné par les experts. Une autre raison, poursuit-il, était de voir si ce qui était convenu entre les acquéreurs et les distributeurs de parcelles a été respecté. Il a apprécié que les responsables de l’urbanisme suivent de près les constructeurs afin que ces derniers respectent les normes de construction et les engagements signés par les acquéreurs des parcelles.

Selon son constat, les maisons en construction et les chantiers qui ont démarré respectent les normes convenues. Cependant, a-t-il souligné, les informations acquises montrent qu’il y a lieu de rester optimiste. Il a lancé un appel aux responsables de l’urbanisme de rester prudents quant à la gestion des espaces ou des parcelles non encore construits.

M. Butore a également indiqué qu’il aurait appris qu’il y a eu tentative de désaffectation de certains espaces notamment ceux qui étaient réservés au terrain de jeux et aux extensions des écoles en les morcelant pour les attribuer aux privés.
Il a mis en garde quiconque sera attrapé en train de commettre de tel forfait que la tolérance zéro sera immédiatement appliquée et particulièrement les mauvais conseillers et complices qui donnent des fausses informations aux responsables hiérarchiques.

Il a promis qu’au cours de l’année prochaine, tout le quartier sera raccordé en eau et en électricité pour y vivre paisiblement. Le deuxième vice-président de la République a remercié le ministre ayant l’urbanisme dans ses attributions pour le pas déjà franchi et il l’a invité de faire de même dans d’autres quartiers.

Il est à signaler que les parcelles du quartier Kiyange étaient attribuées aux honorables parlementaires de 2010, aux ambassades et aux autres dignitaires.

BUJUMBURA, 30 nov (ABP)

Le FNUAP rend hommage au travail de la Première Dame dans la création de l’orphelinat de Buye

DPzwj_fX4AAolv0La représentante du FNUAP au Burundi, Suzanne Ndo-Mandong, a salué, lors d’une visite mercredi dans l’orphelinat de Buye en compagnie de la Première Dame du pays, Denise Nkurunziza, les efforts de cette dernière pour la mise en place cet orphelinat dans le cadre de la Fondation Buntu qu’elle dirige.

« Il faut reconnaître le travail qui est fait ici par la Première Dame. Ce n’est pas un travail facile, c’est plutôt un travail louable, celui de s’occuper des orphelins », a reconnu Suzanne Ndo-Mandong à la fin de sa visite audit orphelinat.

Elle s’est en effet rendue compte qu’il y a beaucoup de choses qui ont été faites en termes d’infrastructures avant de dire que « la Fondation a besoin de nous tous pour l’accompagner dans ce travail, de s’occuper des orphelins en termes d’équipements mais aussi de s’assurer que les enfants sont en bonne santé et que plus tard ils ont accès à l’éducation ».

L’épouse du chef de l’Etat a remercié cette dernière pour la visite qu’elle a rendu à ces orphelins, pour l’appui du FNUAP pour accompagner cet orphelinat et surtout pour la plaidoirie que pourra faire le FNUAP pour venir en aide davantage aux orphelins auxquels elle a rendu visite.

Elle a fait savoir qu’aujourd’hui, ces orphelins de mères seulement sont au nombre de 22 et qu’au départ (depuis leur arrivée au mois d’avril 2017), il n’était pas facile de les prendre en charge, mais qu’actuellement, elle se sent heureuse de les voir contents et en bonne santé.

« Nous avons demandé à leurs pères de rendre visite à ces enfants une fois par semaine ou une fois les deux semaines. A notre grande surprise, il y en a qui nous disent par satisfaction que l’état de santé et de bien-être de leurs enfants ont tellement changé qu’ils leur sont difficiles de les reconnaître d’emblée », a indiqué Mme Denise Nkurunziza.

L’orphelinat Bon Samaritain de Buye a été inauguré le 4 novembre 2016 par le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza avec pour vocation de redonner de l’espoir aux orphelins, aux handicapés et aux pauvres de cette localité située dans la commune Mwumba de la province de Ngozi au nord du pays.

French.china.org.cn | le 01-12-2017

Débuts poussifs des pourparlers inter-burundais de paix

WhatsApp Image 2017-11-28 at 10.19.16Les pourparlers inter-burundais de sortie d’une crise politique de plus de deux ans n’étaient pas encore entrés dans le vif du sujet, mercredi, au troisième jour de leur ouverture officielle, à Arusha, selon les échos médiatiques en provenance de cette ville du nord de la Tanzanie, censée les couver jusqu’au 8 décembre prochain.

Le round diffère des précédents par son importance cruciale, sa longue durée et par un nombre imposant d’une centaine d’invités provenant du pouvoir, de l’opposition, des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des associations de jeunes, de femmes et des médias.

L’un des contre-temps dans ce « round de la dernière chance » est que la principale plate-forme de l’opposition en exil maintenait, mercredi, son mot d’ordre de boycott de la session qui sera dirigée par l’ancien président de la Tanzanie, Benjamin William M’Kapa, pour le compte de la Communauté d’Afrique de l’Est.

Le «Conseil national pour la défense de l’accord d’août 2000, à Arusha sur la paix, la réconciliation et la défense de l’Etat de droit » (Cnared), boude la session pour n’avoir pas été invité en tant qu’entité unique, dit-on du côté de cette coalition qui revendique une vingtaine de partis politiques membres.

La délégation gouvernementale, quant à elle, est bel et bien présente à Arusha depuis dimanche dernier, avec néanmoins à sa tête, un simple fonctionnaire assistant au ministère de l’Intérieur et de la Formation patriotique, Térence Ntahiraja, selon toujours les échos médiatiques qui filtrent à Bujumbura du huis clos strict qui a été décrété par la Facilitation.

Le boycott des opposants risque cependant de faire l’affaire du pouvoir burundais qui ne voyait pas déjà d’un bon œil de se retrouver autour d’une table de discussions avec ceux-là mêmes qu’il accuse d’être liés au «mouvement insurrectionnel» contre le troisième mandat présidentiel controversé de 2015 et à la tentative de coup d’Etat manqué qui s’en était suivie.

Pour le moment, la seule avancée significative est que les participants présents en sont à se constituer en groupes de travail, selon des affinités et sensibilités politiques des uns et des autres, selon les mêmes correspondants de presse qui disent se contenter de communiqués à distance, de la part du bureau de la Facilitation.

Les différents groupes sont constitués, d’un côté, par des délégués de la mouvance présidentielle, de l’autre, par ceux de l’opposition intérieure présents à Arusha, en attendant de se retrouver en plénière à la clôture de la session.

Du côté des organisations de la société civile, celles qui sont proches de la mouvance présidentielle se sont mises également ensemble, de même que celles proches de l’opposition font bande à part.

Contrairement aux organisations de la société civile, réputées proches de la mouvance présidentielle et présentes en force à Arusha, celles dites «indépendantes» brillent par leur absence d’Arusha, officiellement pour des raisons de sécurité qui ne les rassurent pas, malgré les assurances et les garanties offertes par la Facilitation.

Sur une vingtaine d’organisations de la société civile indépendante, seuls le président de l’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), Gabriel Rufyiri et celui de Parole et action pour le changement de mentalités (Parcem), Faustin Ndikumana, sont signalés à Arusha, en provenance de Bujumbura.

Un autre bloc à part est fait d’anciens chefs d’Etat burundais, Pierre Buyoya, Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye, selon toujours les reporters présents sur place, à Arusha.

Des experts en négociations ont été détachés par le bureau de la Facilitation pour canaliser les débats au niveau des différents groupes de travail, a-t-on encore appris.

Au terme des pourparlers, il est prévu la signature d’un accord global de paix pour le Burundi qui sera signé en présence des chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’Est, prévoit la Facilitation tanzanienne.

Dans son dernier communiqué, datant du 27 novembre dernier, le Cnared veut néanmoins savoir «entre qui et qui sera signé un accord, dès lors que le gouvernement n’est même pas présent à Arusha ? ».

A l’agenda de la session figure, notamment, la négociation d’un gouvernement d’union nationale, chargé de gérer une période transitoire, vers de nouvelles élections qui se veulent plus consensuelles que celles controversées aujourd’hui encore de 2015.

La mouvance présidentielle a déjà signifié son refus d’une telle idée et menace de se retirer des pourparlers pour ne pas se rendre coupable d’une remise en cause de la volonté populaire qui a été exprimée en sa faveur, lors des élections de 2015, dit-on toujours à Arusha.

C’est, par contre, la principale revendication de l’opposition qui voit dans un éventuel gouvernement transitoire, l’une des voies possibles de sortie de la longue crise burundaise.

Deux principaux leaders de l’opposition intérieure ont fait le déplacement d’Arusha pour défendre l’idée d’un gouvernement d’union nationale ou de transition, «peu importe l’appellation pour peur qu’on ait la paix», de l’avis de Léonce Ngendakumana, qui représente le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu, ex-parti au pouvoir) aux pourparlers, dans cette ville du nord de la Tanzanie.

Un autre ancien chef de file de l’opposition présent à Arusha, cette fois dans les habits de vice-président de l’Assemblée nationale du Burundi, Agathon Rwansa, est sur la même lancée d’un gouvernement transitoire.

L’ancien chef rebelle des Forces nationales de libération (Fnl) s’était retrouvé avec des voix lui permettant d’entrer dans les institutions étatiques, malgré son boycott annoncé des élections générales de 2015.

Les participants à Arusha doivent s’entendre sur d’autres questions litigieuses ayant trait à la préservation de la constitution post-conflit de 2005 et l’accord inter-burundais d’août 2000, à Arusha, ayant mis fin à la dernière grande guerre civile à connotation ethnique.

De son côté, l’opposition en exil demande à la Facilitation de reporter cette session «afin d’entreprendre des consultations avec toutes les parties prenantes pour arrêter un agenda consensuel, une représentation paritaire des parties prenantes aux négociations, ainsi que des conditions sécuritaires rassurantes».

Le Cnared a lancé également un «appel solennel» à la communauté internationale, spécialement aux Nations Unies et à l’Union africaine, afin qu’elles s’impliquent pour le report de cette session «de tous les dangers» et dont les conclusions ne l’engageront «aucunement», et qui, à ses yeux, auront de «lourdes conséquences» sur le Burundi.

Différentes opinions à Bujumbura ne désespèrent néanmoins pas qu’il y aura à la fin des compromis de nature à soulager les peines de la population, éprouvée «moralement, physiquement, économiquement et socialement» par d’interminables chicanes politiciennes.

«On prend le même avion à Bujumbura pour vivre et partager à boire et à manger dans le même hôtel à Arusha pendant deux semaines et il y a lieu de se demander comment ne pas parvenir à s’entendre et à conclure une paix des braves», échange-t-on entre internautes, via les réseaux sociaux en vogue dans le pays.

La plupart des participants à Arusha sont des habitués de cette ville tanzanienne qui porte le nom du laborieux accord d’août 2000 ayant vu le jour au bout de plus de deux ans de tractations.

Tout un quartier à Bujumbura porte également le nom d’Arusha pour avoir été construit par les bénéficiaires des pourparlers de sortie de la guerre civile burundaise de 1993 à 2003, avec l’appui financier des Nations Unies et de l’Union européenne, se rappellent les mêmes internautes désabusés.

PANA, 29 novembre 2017

Le médiateur Mkapa face à un dilemme

DPuo96UXcAADNnFLe médiateur Mkapa face à un dilemme

« Qui écouter ? Qui dit vrai ? Qui a droit à la parole ? Telles sont les questions que se posera le facilitateur du dialogue inter-burundais en cours à Arusha en République Unie de la Tanzanie.

Décidément, le dialogue inter-burundais à Arusha risque de se terminer en queue de poisson, au regard des positions des belligérants et les divergences qui minent l’opposition radicale. Selon toute vraisemblance l’opposition radicale est divisée du fait qu’elle n’est pas parvenue à faire bloc pour faire cause commune. Ce qui constitue une aubaine pour Bujumbura décidé de rapatrier le dialogue une fois pour toutes. Il s’agit en somme d’une occasion unique pour l’opposition radicale à saisir. Curieusement, celle-ci tente toujours d’obtenir ce qu’elle n’a pas obtenu par la rue et la force de ces engins qui crachent le feu depuis fin avril 2015.

C’est cette « transition » naguère réclamée à haute voix avant de tenter de l’obtenir à la faveur des armes qu’elle appelle aujourd’hui dans en terme doux « gouvernement d’union nationale ». Un gouvernement qui rassure tout le monde pouvant conduire le pays à des élections libres, démocratiques et transparentes. (sic…). Aux yeux du gouvernement et la majorité, c’est demander la lune !!

Le bras de fer risque de s’engager si Bujumbura qui jure sur la Bible qu’il est hors de question de s’assoir avec des individus ayant trempé dans l’insurrection violente qui a précédé la tentative de coup d’Etat du 13 mai 2015 s’incline devant la volonté des bailleurs de ce dernier round ultime chance de leurs enfants chéris. Il y’ adonc, lieu d’assister au dialogue de sourds.

L’autre pomme de discorde entre les deux belligérants est le profil des participants.

L’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa a invité certaines organisations de la société civile qui sont aujourd’hui, soit radiées ou suspendues. D’autres non reconnues par le ministère de l’intérieur. C’est le cas de l’ONG belge, le CNARED qui a pourtant déclaré qu’il ne se présentera pas. Et encore une fois comme en 2010, le Dr Jean Minani surnommé dès lors Mr « Buzirendabwire » a saisi la balle au bond pour sauver la face de ceux qui le nourrissent aujourd’hui. Ayant été évincé à la tête du parti qu’il a fabriqué brique sur brique, le Frodebu Nyakuri croyant qu’en se cachant derrière le portrait de l’héros de la démocratie feu Melchior Ndadaye allait provoquer une forte érosion au sein du parti dirigé par son ennemi irréductible Léonce Ngendakumana. Peine perdu. Son élection à la tête de cette ONG belge tenue tambour battant à Bruxelles, ne visait autre chose que de permettre à ce vieux crocodile du marigot politique burundais à obtenir le visa d’entrer dans la salle et défendre l’agenda cher à ceux qui ont des intérêts au Burundi.

Selon ce que nous apprenons dans les coulisses, il n’est pas question de toucher à la constitution que le Dr Jean Minani a fait coudre sur mesure en 2015, ensuite, la CENI qui sera mise en place avec une mission d’imiter celle du Kenya ne devra pas être nommée par l’exécutif, exiger des garanties de retour au bercail des opposants en cavale sans inquiétude ainsi se résume selon une certaine source l’agenda du CNARED.

La position de Bujumbura est claire : Il n’est pas question de s’assoir avec des individus qui ont trempé de près ou de loin dans l’insurrection violente et la tentative de coup d’Etat, non plus dialoguer avec des représentants des organisations non reconnues par la loi burundaise, cas du CNARED. Seul l’établissement d’une feuille de route pour la tenue des élections de 2020 que propose l’opposition extraparlementaire semble le seul point acceptable par Bujumbura qui admettons-le tient in fine tous les cordons. « Qui conque ne voit guère n’a guère rien à dire aussi » (citation française). « Tous les étrangers qui n’ont rien vu ou n’ont pas voulu voir ce qui s’est passé au Burundi et qui ne voient même pas la situation qui prévaut au Burundi et tout comme le dialogue est inter-burundais, leur présence dans la salle est indésirable » !!!!!. Telle est la réponse du berger la bergère.

Alain Desire Karorero

La troupe des tambourinaires de Gitega sacrée championne de la compétition nationale

DPflSYFXcAAabEvLe 1er vice-président de la République du Burundi, M. Gaston Sindimwo (photo : en train de battre le tambour), a émis ses sentiments de satisfaction aux autorités provinciales de Gitega (centre) pour la revalorisation des tambours du Burundi. C’était à l’issue de la clôture de la semaine dédiée à la danse emblématique des tambours du Burundi dont les cérémonies qui se sont déroulées le 25 novembre, dans les enceintes du Musée national de Gitega ont vu la compétition de toutes les troupes provinciales venues de tout le pays. La troupe provinciale de Gitega en est sortie championne, avec une note de 83%, suivie par Bujumbura-mairie avec 80%.

A l’endroit de ces deux troupes, M. Gaston Sindimwo a remis respectivement une enveloppe de 1 000 000 FBu et de 800 000 FBu. Au reste, il a octroyé à chaque troupe, une enveloppe de 500 000 FBu. Dans son allocution de circonstance, il a félicité la troupe gagnante, ajoutant qu’en général, toutes les troupes connaissent une avancée significative dans la promotion de la danse du tambour burundais. Toutefois, M. Sindimwo a fait un clin d’œil certaines autorités provinciales qui ne dotent pas à leurs troupes, un équipement appréciable et leur a demandé de lever cette lacune dans les prochaines compétitions.

S’exprimant sur les projets du gouvernement pour revaloriser davantage la danse des tambours, il a cité entre autres la vulgarisation sur tout le territoire national des essences d’arbres à partir desquels le tambour est fabriqué (umuvugangoma), la réhabilitation de tous les sanctuaires de tambour dans tout le pays, l’instauration d’un fonds de soutien aux tambourinaires et la création, dans la province Gitega, d’un centre national abritant les caractéristiques culturelles de chaque province.

Auparavant, le ministre ayant la culture dans ses attributions avait exprimé son engagement dans le reboisement de l’Umuvugangoma au niveau national, de concert avec le ministère en charge de l’environnement. Signalons que les cérémonies ont débuté par le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de l’icône de la danse du tambour, feu Antime Baranshakaje, au sanctuaire royal de Gishora, en commune Giheta.

GITEGA, 28 nov (ABP)

Réouverture du dialogue de sortie de crise, sans l’opposition en exil

WhatsApp Image 2017-11-28 at 10.19.16Une nouvelle session du dialogue burundais de sortie de crise s’est ouverte mardi à Arusha (nord de la Tanzanie) en l’absence de l’opposition en exil, selon des diplomates et des participants.

Cette session à huis clos a pour ambition d’aboutir à la signature d’un accord le 8 décembre en présence des chefs d’Etat de la Communauté des états d’Afrique de l’Est (EAC), selon un programme distribué aux délégués par le médiateur dans cette crise, l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa.

Les délégués sont censés négocier autour de huit points incluant « l’engagement à mettre fin à toutes les formes de violences », l’application de l’accord de paix d’Arusha qui a ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006), la mise en place d’un « gouvernement d’unité nationale ».

Mais, selon un diplomate, le niveau du représentant envoyé par le Burundi, le n°2 du ministère de l’Intérieur, Thérence Ntahiraja, n’augure pas de discussions fructueuses.

Le Burundi « s’est senti obligé d’envoyer un représentant à cause d’énormes pressions exercées par les présidents ougandais et tanzanien », a dit ce diplomate. « Mais il envoie un homme de second plan comme pour dire, « il ne faut rien attendre de cette session » ».

De plus, même si ces discussions sont présentées comme « totalement inclusives » par l’équipe du facilitateur, le Cnared, une plateforme regroupant l’opposition en exil, n’y est pas présente.

Après des mois de blocage car il refusait de s’asseoir à la même table que le Cnared, le gouvernement aurait obtenu l’exclusion de nombreux membres de cette plateforme d’opposition ainsi que de la société civile, selon le même diplomate. Le Cnared a dès lors appelé ses membres invités à boycotter cette session.

Seuls une dizaine de membres de l’opposition qui ne se sont pas exilés participe à ce dialogue.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu en juillet de la même année.

Les violences qui ont suivi et au sujet desquelles la Cour pénale internationale a ouvert une enquête, ont depuis fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de disparitions forcées et de tortures, et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais. L’ONU impute l’écrasante majorité de ces atrocités aux autorités burundaises.

Bujumbura a adopté fin octobre un projet de révision de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de briguer dès 2020 deux nouveaux mandats de sept ans. Un haut responsable burundais a assuré à l’AFP que Bujumbura « refuse catégoriquement que la question de la Constitution soit évoquée » dans les discussions débutées mardi.​

AFP, 29 novembre 2017, https://afrique.lalibre.be/