Les enquêteurs de l’ONU détaillent le cauchemar burundais

Geneve 21092017 055444Le rapport final de la Commission d’enquête de l’Onu sur les violations des droits de l’homme au Burundi, publié cette semaine, détaille les terribles violations commises par le régime du président Pierre Nkurunziza pour imposer un troisième mandat de celui-ci malgré l’interdiction expresse de l’Accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2005).

Long de 236 pages, le texte détaille les exactions commises par la police, le service de renseignement, la milice du parti présidentiel Imbonerakure, et des militaires, pour le compte du président Nkurunziza, et par des groupes armés d’opposition.  Elles vont des arrestations arbitraires aux disparitions forcées, en passant par les passages à tabac, les tortures les plus cruelles, le viol et le meurtre.

>En sont victimes les personnes qui ont manifesté, à partir du printemps 2015, contre le troisième mandat; les habitants de quartiers présumés favorables à l’opposition; des militaires d’ethnie tutsie; des jeunes gens ayant refusé de devenir membre de la milice Imbonerakure – ou leurs parentes; ceux qui sont attrapés alors qu’ils fuient le pays.

Brutalité des violations du droit

La commission d’enquête est « frappée » par la brutalité des violations du droit à la vie commises au Burundi depuis 2015. Et de citer le cas de parents tués devant leurs enfants; la décapitation de cadavres; l’exécution de plusieurs membres d’une même famille ou de familles entières; des exécutions indiscriminées lors d’opérations dans des quartiers jugés d’opposition; l’enlèvement et  la disparition de blessés à l’hôpital; l’exécution sommaire de nombreux détenus.

Les disparitions forcées surviennent souvent après arrestation par la police ou le Service national de Renseignement (SNR), dont les membres exigent parfois de la famille une rançon pour libérer leur prisonnier ou rendre son cadavre.

La commission d’enquête relève aussi que les miliciens Imbonerakure ne sont pas inquiétés pour leurs actes – commis souvent, mais pas seulement, en compagnie de policiers. Nombre des personnes arrêtées sont détenues de longs mois sans inculpation, dans des locaux non officiels et sans qu’elles soient inscrites dans les registres de détention. Certaines sont arrêtées pour avoir porté plainte pour le meurtre d’un parent. Ou parce qu’elles sont membres de la famille d’un militaire recherché en raison de son ethnie tutsie. Certains détenus sont gardés en prison après qu’un tribunal a prononcé leur libération. Des enfants sont détenus avec des adultes.

Tortures et séquelles

La torture existait déjà au Burundi avant les événements de 2015. Son utilisation s’est multipliée depuis avril 2015 et sa brutalité s’est encore accrue. Elle vise à faire déclarer aux victimes qu’elles sont membres d’un groupe armé d’opposition ou qu’elles ont fourni des informations à des médias étrangers ou des organisations internationales. Beaucoup des survivants interrogés par les enquêteurs souffrent de séquelles de leurs tortures. Certaines victimes se sont vu injecter des produits inconnus.

Lors des séances de torture, les Tutsis sont l’objet de menaces et sévices particuliers; il leur est promis un sort semblable à celui des Tutsis du Rwanda, victimes en 1994 d’un génocide qui fit un million de morts.

Viols et violences sexuelles

La commission d’enquête souligne l’importante prévalence de violences sexuelles. Les victimes en sont majoritairement des femmes (celles interrogées par les enquêteurs avaient de 8 à 71 ans) mais pas uniquement. Il s’agit là non d’obtenir de peu crédibles « aveux » mais de « punir » les victimes pour avoir participé à des manifestations d’opposition, ou refusé d’adhérer au parti du président Nkurunziza, le CNDD-FDD, ou pour être « de la mauvaise ethnie » (tutsie), ou être la mère, la femme ou la sœur de quelqu’un que les bourreaux recherchent. Des hommes sont également violés; beaucoup subissent des violences sexuelles. Certains viols sont accompagnés de mutilations ou perpétrés devant la famille de la victime. Des détenus ont été contraints d’en violer d’autres avant d’être violés par ceux-ci.

Le rapport évoque aussi les violations des droits de l’homme commises par des groupes armés d’opposition: attaques d’installations militaires et assassinats ciblés.

Il s’intéresse aussi en détail à la fermeture des médias indépendants et aux menaces contre les journalistes et à la violation du droit d’association.

20 septembre 2017, Marie-France Cros, https://afrique.lalibre.be

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5 commentaires sur “Les enquêteurs de l’ONU détaillent le cauchemar burundais

  1. Toujours des rapports qui ne disent jamais que la situation au Burundi s’est nettement ameliorée. Si les burundais étaient vraimment intelligents ils prendraient du temps pour réflechir sur le pourquoi de ces rapports diffamatoires et incessants! Avant que la Lybie soit détruite des rapports pareils circulaient et les libyens pensaient que ça leur permettra de se débarasser du diable Kadaffi; quand Kadaffi a été tué qu’est devenu la Lybie? Un pays divisé dans tous les sens, un pays sans avenir. Le Burundi avait eu la chance d’être soutenu par les superpuissances orientales: Chine et Russie, si le Burundi est encore debout c’est grâce à ces deux-là. Ceux qui se font appeler se moquent de ce que peut devenir le Burundi, ils vivent en Europe et travaillent pour leurs patrons belges, français ou americains qui veulent s’approprier le Burundi à n’importe quel prix (guerre, genocide, famine, etc). Honte à Pacifique, Vital, Maggy et autre sindumuja qui essaient de vendre le sang des burundais à n’importe quel acheteur pourvu qu’ils remplissent leurs poches de cet argent sale.

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  2. « …….Ou parce qu’elles sont membres de la famille d’un militaire recherché en raison de son ethnie tutsie »
     » ………ou pour être « de la mauvaise ethnie » (tutsie)…… »
     » …….les Tutsis sont l’objet de menaces et sévices particuliers; il leur est promis un sort semblable à celui des Tutsis du Rwanda, victimes en 1994″
    KWANDIKA AMAJAMBO MABI NKAYO MURI RAPPORT NTIMUBONA KO ARI UGUCANISHAMWO ABENEGIHUGU BARI BASANZWE BIBANIYE NEZA ??????
    UBWO HOKORWA ENQUETE NON PENCHANTE ET NON SUBJECTIVE, KUMUGARAGARO, HAKABAZWA ABAHUTU N’ABATUTSI IZUBA RIVA, IVYO BINTU BOBISHIGIKIRA?????
    JEWE MURI KANO KANYA NDI KUMWE N’UMUTUTSI ADATEYE AMAZI, KANDI ARAMARAMAYE KUBONA HANDIKWA IBINTU VYO GUCANISHAMWO ABARUNDI NKUKO VYABAYE MU GIHE C’ABACOLONI

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    • Mbirigi nagira nkubwire ko uwo mututsi mwicaranye uvuga ko adateye amazi ntashobora kuvuga kubera guca aho arara. Afise aho avugira yovuga. Mbega ivyo bavuze atari yuko uri umuhutu ushigikiye benewanye bari ku ntwaro ni ukuri kudateye mazi.

      Mbe amajambo avugwa n’ibikorwa ntavyo wumva canke ntushaka kuvyumva. Imana ikubabarire kuko ntuzi ico uvuga sindakuzi ntunzi mugabo ico womenya ingero y’icaha n’urupfu. Jewe naranyazwe na benewanyu bitwaje inkoho baranyomora ndata ndahunga bihereza parcelles zanje barazubaka uwagize ngo abahagarike abajanye m’ubutungane ntibamugandaguye k’umurango izuba riva.

      Ndakwifurije gukira jewe iconzi nuko Imana izondenganura. Ndakwifurije gukiranuka wumve ijwi ry’umutima wawe.
      Igihe kizoza abana bawe bazorya babize icuya kuko naho abo uvugira batwara ubu nta myaka ijana bazomara. Reka ndabirindirane ikwizera ko nzorenganurwa n’Umukama ngasubira ngataha ngasubizwa mu vyanje. Uhezagirwe

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