Lettre ouverte aux acteurs institutionnels (Journal d’un Patriote)

2017 : JOURNAL D’UN PATRIOTE

LETTRE OUVERTE AUX ACTEURS INSTITUTIONNELS BURUNDAIS 

4 JOURNAL D_UN PATRIOTE Lettre ouverte aux acteurs institutionnels burundais. photoLA FIN DE LA MONSTRUEUSE SOLIDARITÉ NÉGATIVE

Chères/chers compatriotes,

L’ouverture de l’enquête de la CPI pour les crimes contre l’humanité au Burundi est une victoire contre l’idéologie de la terreur. Au-delà de la victoire contre les violations des droits de l’Homme au Burundi, c’est probablement la fin d’une monstrueuse solidarité négative.  L’acte posé est une victoire contre l’impunité. Certes, un soulagement pour les victimes mais ce n’est pas encore une victoire du citoyen burundais face à cette justice tyrannique depuis l’indépendance.  Car nous le savons tous, Pierre Nkurunziza n’abdiquera jamais et ne tient nullement à mettre en œuvre une collaboration procédurale avec une quelconque institution dont la mission est de garantir et de défendre les droits humains, et ceci quelle qu’elle soit, où qu’elle soit.

Que l’on veuille ou non cette décision internationale pose dorénavant un impératif national : A tout acteur institutionnel burundais de prendre ses responsabilités afin de mettre fin à cette dévirilisation et cette soumission soigneusement entretenues au cours des deux dernières années. Autrement, Le projet de réforme constitutionnelle, récemment présenté par le gouvernement de facto, s’il est adopté par un référendum illégal, permettrait à Nkurunziza Pierre de renforcer avec la manipulation des masses et des urnes son pouvoir pour gouverner jusqu’en 2034. Nous serons tous pris en otages et vous serez coupables et responsables. Car désormais le silence ne sera pas le seul complice de la terreur.  

Désormais, il est impossible de l’ignorer : Vous êtes, à présent, libérés des contraintes juridiques, institutionnelles voire psychologiques. Quoiqu’il en soit, face au processus d’effondrement démocratique et de la désagrégation totale de notre société : Vous devez, avec la dignité qui caractérise nos valeurs traditionnelles, poser un acte qui nous libérera tous de ce régime totalitaire.

Voyez-vous, le « Non à la violation de l’Accord d’Arusha et la violation de la constitution » était la défense d’un acquis: une démocratie approximative…Mais une démocratie tout de même. Ce qui est sûr, c’est que la promesse de respecter les engagements politiques a fait naître les espoirs de bâtir la paix, la réconciliation nationale, la justice, la démocratie et la bonne gouvernance. En ce sens, le cheminement mental qui a poussé à l’indignation de la rue est l’oppression politique, économique et sociale.

Nul n’ignore, les souffrances quotidiennes des citoyens burundais. A y regarder de près, le cynisme ainsi que le narcissisme politique du régime de Nkurunziza ont fait évoluer les mentalités en entretenant un climat de la peur qui mène à l’égocentrisme et pousse à la délation généralisée. De fait, les tortures, les emprisonnements, les assassinats, les injustices sociales, le chômage, la corruption, un système d’éducation exécrable, l’impunité et l’oppression, ont suscité une angoisse existentielle au sein d’une majorité réduite au silence et d’une minorité insoumise.

À la veille des élections de 2015, la société burundaise a été submergée par différentes tensions sociales et politiques. Peu enclin à s’engager dans ce marasme politique, la société civile dynamique s’est transformée tout doucement en acteur politique par procuration. Dans ce contexte, une panoplie d’acteurs politiques, des acteurs de la société civile, de la diaspora et de simples patriotes ont pris leurs responsabilités et se sont mobilisés pour dénoncer les dignitaires du régime de Nkurunziza.

A présent, vous devez également prendre vos responsabilité pour interrompre ce comportement violent et irrationnel du régime de Nkurunziza qui créé un traumatisme au sein de la population burundaise. C’est difficile à imaginer, mais après toutes les tragédies politiques que la patrie a vécues, une dérive antidémocratique caractérisée par la terreur est en train de s’installer pour une durée indéterminée au Burundi. Il vous revient désormais d’assumer devant l’histoire la responsabilité du problème existentiel grave que vit aujourd’hui le Burundi.

Demain, on ne vous demandera pas «qu’est-ce que vous auriez pu faire» ou «qu’est-ce que nous aurions pu faire » pour freiner cette descente aux enfers mais: «qu’est-ce que j’ai fait » ! L’enjeu est donc posé.

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